Après nous être familiarisées avec la situation et les différentes adaptations mises en place, nous nous interrogeons à présent, concrètement, sur le terrain, comment le professeur adapte sa posture, sa pédagogie.
Pour nous aider à trouver des réponses, nous avons cherché activement à discuter avec un professeur qui aurait de l’expérience dans le domaine. Nous avons alors envoyé des mails à l’association Ecole à l’Hôpital, aux services scolarités des hôpitaux Necker et du Kremlin Bicêtre, à la bibliothèque pédiatrique de l’hôpital Necker, nous avons aussi essayé de faire jouer nos connaissances ainsi que celles de nos professeurs qui ont encadré notre projet…mais en vain, nos recherches et efforts n’ont pas portés leurs fruits. Vous pouvez vous en doutez, nous sommes très déçues de ne pas pouvoir présenter et baser cet article sur une vraie expérience. Cependant, un travail de recherche comme celui-ci nous oblige à faire face à l’échec, nous forçant ainsi à nous adapter, et c’est ce que nous avons fait. En ce sens, nous n’avons pas échoué, car nous avons trouvé un autre moyen d’obtenir le témoignage de professeurs enseignant à des enfants malades. En effet, nous avons trouvé sur la chaine YouTube de l’association Ecole à l’Hôpital, une série de petites vidéos, intitulée ‘Paroles de Bénévoles’, où des professeurs enseignant à l’Hôpital raconte leur quotidien. Ces vidéos sont cependant à prendre avec des pincettes, elles proviennent de l’association elle-même et, en ce sens, leur contenu peut être un peu biaisé.
Vous trouverez le lien des vidéos à la fin de notre article, dans la partie ‘bibliographie’. Libre à vous d’aller les visionner, nous vous proposons cependant un récapitulatif et nos analyses, point par point.
Que pouvons-nous retenir de ces vidéos ?
- Pourquoi, en plus de leur travail au sein d’un établissement scolaire, certains professeurs font du bénévolat à l’hôpital ?
Cela leur permet d’aborder l’enseignement différemment : moins de pression, moins d’élèves et donc pour eux plus de plaisir. Cela représente aussi un moyen de réinventer leur pratique à l’image de leur élève et donc, parfois, d’améliorer leur technique.
- Pourquoi le choix du bénévolat à l’hôpital et pas ailleurs ?
Un professeur transmet des connaissances, des savoirs : le professorat est un métier humain et altruiste. Enseigner à l’hôpital pousse à l’extrême ces caractéristiques.
- Enseigner à l’Hôpital apporte quoi au professeur ?
Les élèves à l’hôpital sont bien souvent plus réceptifs et contents de l’enseignement du professeur et cela fait plaisir et est gratifiant pour le professeur de voir que ce qu’il fait a du sens à quelqu’un et lui importe. Cela donne envie au professeur de continuer son accompagnement de l’élève : c’est là qu’il peut se rendre compte qu’il a bien choisi son métier et s’épanouir dans celui-ci.
- Comment aborde-t-il l’enseignement à l’hôpital ?
Comme dit précédemment, enseigner à l’hôpital requiert d’aborder l’enseignement sous un angle différent et de rompre avec certains préjugés. Ainsi, certains professeurs ont pu se rendre compte qu’avec un enseignement efficace une séance peut avoir autant d’importance et de bénéfices que plusieurs. Pour cela, le relationnel est très important. Le professeur adopte ici une position d’accompagnement, et guide seulement l’élève lors d’une séance d’apprentissage, le laissant essayer, expérimenter et tirer des conclusions. L’élève est ainsi maître de son apprentissage : il est un élément actif de celui-ci et cela participe à l’efficacité de celui-ci. En laissant l’élève essayer de lui-même, l’enseignent améliore son autonomie et l’aide à construire de lui-même des bases théoriques et la démarche de recherche. De plus, le professeur construit son enseignement autour des besoins et des désirs de l’élève et en cela nous pouvons relier sa pratique aux fondements des pédagogies actives. L’enseignant devient donc un médiateur entre l’enfant et ce qu’il désire savoir, il le guide vers l’indépendance d’esprit, la curiosité et le désir d’acquérir de nouvelles connaissances, par lui-même. Dans la pédagogie active, on ne dit pas à l’enfant ce qu’il doit apprendre, mais on le laisse progresser à son rythme vers ce qu’il veut découvrir, et ainsi devenir acteur de son éducation. On le laisse grandir par lui-même grâce à ses compétences innées.
En conclusion, on peut voir que l’enseignement à l’hôpital se rapproche beaucoup, par certains aspects, des pédagogies actives et, en ce sens, s’inscrit pleinement au sein des thématiques vues en cours. On peut se rendre compte de la flexibilité des pédagogies actives : de la salle de classe à une chambre d’hôpital elles sont toujours aussi pertinentes et adaptées. Et donc, pourquoi pas les démocratiser plus largement au sein de l’école publique ?
Bibliographie :
https://www.youtube.com/channel/UCCXNIZSpn_VzNk_Id-B3MOQ/videos